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Archive de la Catégorie ‘Documentaires’

Une histoire politique du pantalon

Une histoire politique du pantalon par Christine Bard«C’est sa femme qui porte la culotte ». Combien de fois n’entend-on pas ce lieu commun de la misogynie, proféré parfois par les femmes elles-mêmes ?  Malgré le fait qu’ils se soient démocratisés, les pantalons restent encore un symbole de masculinité et de pouvoir. C’est en tout cas la thèse que défend Christine Bard, professeure d’histoire à l’université d’Angers.

De la Révolution française à aujourd’hui, le pantalon a subi une évolution drastique bien qu’il soit resté jusqu’il y a peu un attribut exclusivement masculin. Lorsque l’on croise dans la rue toutes ces femmes portant le Blue Jeans, difficile de croire que la mixité du vêtement n’est apparue que dans les années 1960-1970 et qu’il était mal vu jusque-là de sortir affublée de pantalons. Le port de ceux-ci, contraire aux bonnes mœurs, induisait encore à l’époque des soupçons de débauche ou d’homosexualité.

Des écrivaines comme Colette, des actrices comme Marlène Dietrich ou encore des sportives contestées comme Violette Morris n’ont eu que faire des interdictions qui pesaient sur ce vêtement sensuel pour les unes, pratique pour les autres. Bien d’autres ont entretenu le goût de la provocation en n’hésitant pas à revendiquer leur part de masculinité et surtout leur souci de la liberté et de l’égalité, quitte à récolter les quolibets et l’opprobre des antiféministes convaincu(e)s.

Ces femmes, qu’elles aient été visionnaires, provocantes ou masculines, c’est à elles, Mesdames, que vous devez de pouvoir vous procurer ce superbe « petit-bas » bifide qui vous a fait envie hier dans la vitrine de chez ******. Quant aux Messieurs, sachez que cet ouvrage contient peu de photos significatives susceptibles de vous intéresser… J'y peux rien...(encore un lieu commun… )

Pourtant, pour l’auteure, une question se pose encore : pourquoi, en France, l’ordonnance de 1800 interdisant aux femmes de s’habiller en homme n’est-elle toujours pas abrogée ?

L.S.

BARD, Christine. Une histoire politique du pantalon. Paris : Seuil, 2010. 392 p.

Les mots de ma vie

Les mots de ma vie de Bernard Pivot Il est impossible de résumer une vie en un mot. En trois peut-être : naissance, vie et mort. Mais c’est un peu court. Il en faut plus pour faire un livre. Ca tombe bien : notre mémoire est pleine de mots. Il suffit de puiser dedans. En choisissant ceux qui ont compté. Des mots inévitables comme « amour », « amitié », « homme », « famille », « vieillir », etc. Mais aussi des mots qui ont illustré, ponctué ou éclairé une existence à nulle autre pareille, entendons par là qu’il n’y a pas sur terre deux parcours qui se confondent. Le destin sait nous départager.

On trouvera donc dans ce dictionnaire très personnel des mots qui m’ont accompagné dans ma vie professionnelle comme, précisément, « dictionnaire » et « mot ». Plus « apostrophe », « orthographe », « écrivain », «lecture », « bibliothèque », « guillemets »… A ceux-là s’ajoutent une ribambelle d’autres mots qui relèvent de ma vie privée, de mes souvenirs intimes, de mes manières d’être, de ma psychologie, d’enfant et d’adulte, de mes trucs, de mes manies, de mes rêveries, de mes bonheurs, de mes chagrins, de mes petites aventures d’homme devenu public grâce à une succession de clins d’œil du hasard.

Quelle meilleure introduction que celle faite par l’auteur lui-même pourrait présenter cette autobiographie plutôt originale qui se décline par ordre alphabétique ? Tout est dit, avec une lucidité non dénuée d’humour. Monsieur Pivot partage ici ses souvenirs intimes et professionnels de A à Z…

L.S.

PIVOT, Bernard. Les mots de ma vie. Paris : Albin Michel, 2011. 363 p.

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Elles sont tropes…

Elles sont tropes...Qu’est-ce que l’adynaton ou le kakemphaton ? Certainement pas les derniers dinosaures dont on aurait récemment exhumé les squelettes. Auxèse n’est pas une ville de France et la paronomase n’est pas non plus une bactérie encore inconnue jusqu’ici. L’allographe ne sert pas à mesurer l’intensité de la lumière artificielle et l’anacoluthe n’est pas seulement l’un des jurons préféré du Capitaine Haddock…

Non, en vérité, je vous le dis, ces mots à coucher dehors sont des figures de styles et des tournures de la langue française. Pas question de vous expliquer de long et en large ce que chacun de ces termes signifie. Pour en savoir plus, louez cet ouvrage ! Sachez toutefois qu’il n’est pas exhaustif mais qu’il a la particularité de proposer des exemples concrets, tirés d’ouvrages généralement connus.

L.S.

QUESEMAND, Anne. Elles sont tropes : Figures et tournures de la langue française. Paris : Alternatives, 2006. 94 p.

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Le mariage d’amour a-t-il échoué ?

Le mariage d'amour a-t-il échoué ?Qu’il est loin le temps des mariages arrangés. Si ces derniers ont été relégués au fond des placards en faveur du mariage d’amour, n’était-ce pas pour faire reculer l’adultère et la prostitution ? Mais même si le mariage d’amour a gagné haut les cœurs, force est de constater que non seulement la prostitution et l’adultère ont encore de beaux jours devant eux mais encore qu’un couple marié sur deux divorce alors qu’il s’est choisi librement et sans entraves. D’où vient ce paradoxe ? Les êtres humains sont-ils capables de s’unir sur le long terme, pour le meilleur et pour le pire ?

Pascal Bruckner, philosophe de son état, s’intéresse une nouvelle fois aux rapports amoureux et au paradoxe qu’ils représentent. Son précédent ouvrage justement intitulé Le paradoxe amoureux avait déjà introduit l’idée que l’amour et les amoureux se contredisent en permanence et que les relations sentimentales sont de ce fait particulièrement difficiles à gérer. La question que l’auteur se posait déjà à l’époque était de savoir si le couple avait, en toute honnêteté et objectivité, une chance de survivre sur le long terme sans désamour et sans infidélité. Cette fois, l’auteur s’attaque au mariage en prônant « un retour à la raison », loin de la passion et de ses débordements. Une thèse qui se défend sous la forme d’un court essai.

L.S.

BRUCKNER, Pascal. Le mariage d’amour a-t-il échoué ? Paris : Grasset, 2010. 151 p.

Catégories:Documentaires

Marie Curie et la découverte de la radioactivité

Pour apprendre aux plus jeunes qui était Marie CurieMarie Curie née Marya Sklodovska, est une des plus célèbres chercheuses de son temps. Et aujourd’hui encore, les avancées scientifiques lui doivent beaucoup. N’est-elle pas la première femme à avoir reçu de nombreux prix et récompenses – dont deux prix Nobel –  pour ses recherches sur la radioactivité, au prix de sa santé ?

Mais il n’est pas question de chimie ou de physique dans cette mini-biographie de Marie Curie, la cible préférée de cet ouvrage étant les enfants de plus de 9 ans.

Agrémenté d’illustrations sympathiques et humoristiques, il conte quelques petites anecdotes et surtout l’essentiel de la vie et des préoccupations de la célèbre scientifique…

A partir de 9 ans.

 L.S.

GRAHAM, Ian et ANTRAM, David. Marie Curie et la découverte de la radiocactivité. Paris : Edp Sciences, 2009. 32 p.

Madame du Barry

Madame du BarryFille de domestique, rien ne prédestinait Jeanne Bécu à connaître l’opulence de la Cour de Versailles et à partager la couche du Roi de France en personne. Certes, Jeanne n’était pas ce qu’on peut appeler une “vierge effarouchée “. Elle avait, dit-on, le giron accueillant. On dit même qu’elle faisait commerce de ses charmes sous la protection d’un certain Jean-Baptiste du Barry. Le fieffé coquin, surnommé à juste titre « le Roué », l’a un jour placée “fortuitement” sur le chemin du Roi Louis XV qui, grand amateur de jolies femmes, ne pouvait manquer de remarquer cette jeune beauté. Faire oublier les origines modestes de Jeanne valait bien un mariage et Jean-Baptiste du Barry, déjà marié et dont la noblesse était quelque peu douteuse,  lui fit épouser son frère, Guillaume. Jeanne Bécu devint ainsi la Comtesse du Barry.

Louis XV était fort épris de celle qui fut sa dernière favorite et que toute la Cour enviait. Toute la Cour ? Oui, toute… ou quasiment. Ses ennemis farouches étaient nombreux et allaient des envieuses à la dauphine Marie-Antoinette en passant par le Ministre Choiseul. Ces deux-là étaient d’ailleurs deux adversaires de belle taille et absolument réfractaires à ses débordements de charme. Marie-Antoinette se moquait bien de provoquer une crise politique par son attitude hautaine tandis que le second ne savait plus qu’inventer pour conspirer contre la favorite.

Les pamphlets qui condamnaient la relation adultère mais visiblement sincère du Roi et de Madame du Barry étaient légion. La courtisane était tellement vilipendée qu’à la mort de Louis XV, son successeur Louis XVI la relèguera au couvent de Pont aux Dames où elle restera des années avant d’être graciée. Le souverain lui accordera en prime le Château de Louveciennes pour y finir ses jours. Mais la Révolution française est déjà en marche et la Comtesse du Barry est insouciante. Trop insouciante quand on sait qu’elle aurait pu éviter la fin tragique qu’elle a connue…

Selon Jeanine Huas, les historiens ont longtemps confondu les pamphlets et les écrits calomnieux dont Madame du Barry a été la cible avec la réalité. Il s’agit ici d’une biographie des plus intéressantes qui montre Madame du Barry sous un autre jour qu’une vulgaire “catin royale”, jour sous lequel le cinéma et la littérature se plaisent souvent à la montrer.

Jeanine Huas a souhaité rétablir la vérité en rapportant le destin exceptionnel de Jeanne Bécu, née domestique et morte noble et décapitée sur l’échafaud au même titre que sa rivale de toujours. La Reine Marie-Antoinette et elle ont en effet toutes deux rencontré Sanson et sa guillotine au sortir de la Révolution française…

L.S.

HUAS, Jeanine. Madame du Barry. Paris : Tallandier, 2011. 340 p.

Une histoire des haines d’écrivains de Chateaubriand à Proust

Une histoire des haine d'écrivains de Chateaubriand à Proust

Si l’on veut bien se souvenir qu’à Charenton se trouvait un asile célèbre, on comprendra que pour briller en société, il faut être prêt à proférer les pires horreurs. Les jeux de mots – pas toujours du meilleur goût – font florès : Musset ridiculise Alphonse Karr, journaliste à scandales, en s’écriant : “Je connais mon Karr à fond”. Victor Hugo assassine Sainte-Beuve d’un “serpents à sonnets”. Paul Léautaud gratifie le très catholique François Coppée d’un laconique “anus Dei”. Car la haine littéraire a toujours un public ; même les lettres qu’on échange sont destinées à être déclamées à la première occasion. Mondaine, la haine est un spectacle permanent, une joute de tous les instants ; la palme ira à celui qui mettra les rieurs de son côté en se révélant le plus fin, le plus spirituel.


Les mots peuvent être utilisés avec force pour défendre des idées mais ils peuvent aussi ternir une réputation ou porter atteinte à l’honneur. Et lorsque les auteurs de ces mots sans vergogne manient la plume avec talent et virtuosité, il est ô combien savoureux pour le lecteur de lire les saillies mesquines et fâcheusement bien tournées. Les mots volent bas et n’ont qu’un but : faire tomber de haut. Mais la motivation de ces vilenies, quelle est-t-elle ? La jalousie, pardi ! Envers tout et n’importe quoi…

A défaut de pouvoir prendre un peu du talent de Victor Hugo, Sainte-Beuve lui prend sa femme. Ce faisant, il lui déclare la guerre et Hugo n’aura pas de scrupules à éreinter le célèbre critique littéraire par presse interposée. Mais Sainte-Beuve en a connu d’autres, Balzac ne voulait-t-il pas « lui passer sa plume au travers du corps » ? Des histoires de jupons, il y en a « en veux-tu ? En voilà ». George Sand s’acoquine avec Alfred de Musset qui lui-même ne crache par sur Louise Colet. Théophile Gauthier renie sa fille parce qu’elle épouse contre sa volonté ce dandy, bon à rien et coureur de jupons qu’est Catulle Mendès, etc., etc. Mais l’amour n’est pas tout, il y a aussi la gloire et la course aux honneurs. Qui mérite ou non d’entrer à l’Académie française ?

L’écrivain cherche une reconnaissance littéraire mais aussi mondaine. Les salons réunissent autant les auteurs en vogue que les mauvaises langues. Et ces dernières peuvent être particulièrement cruelles comme ce propos de Flaubert qui vise Alfred de Musset et son goût pour l’alcool : « L’alcool ne conserve pas les cerveaux, il est fait pour les fœtus ». Le sinistre Chateaubriand appelle Lamartine « le grand dadais » qui en retour lui renvoie un âpre « Matamore de tragédie ». Quant à Emile Zola qui par ailleurs s’est attiré les foudres des frères Goncourt, il récolte une comparaison peu flatteuse de la part de Léon Bloy pour qui il n’est qu’ « un incomestible pourceau ».

Des calembours blessants et des allusions assassines, il y en a pour tout le monde. Les auteurs engagés sont vilipendés tandis que ceux qui ne s’engagent pas sont considérés comme des lâches. Le personnage le plus attaqué pour ses opinions fut sans doute Zola dont les prises de position furent retentissantes.

Quoi qu’ils fassent, talentueux ou non, les écrivains sont des cibles potentielles… pour notre plus grand plaisir.

L.S.

BOQUEL, Anne et KERN, Etienne. Une histoire des haines d’écrivains de Chateaubriand à Proust. Paris : Flammarion, 2009.

La rafle

La rafleLes lois se durcissent pour les Juifs de France qui, outre le fait qu’ils se voient contraints de porter l’étoile jaune pour les distinguer, en viennent aussi à être exclus d’à peu près tous les lieux publics. Joseph n’est encore qu’un enfant et ne comprend pas encore toutes les implications de cet ostracisme. Mais en vérité, qui le pourrait ? Même les adultes n’imaginent pas jusqu’où peut aller la barbarie nazie et surtout, ils n’imaginent pas un seul instant que la France pourrait être complice de l’Occupant. Jusqu’à ce matin du 16 juillet 1942 qui voit la police française rafler plus de 13000 hommes, femmes et enfants pour les agglutiner dans le Vélodrome d’Hiver. Pourtant, le pire n’est encore qu’à venir…

Pourquoi parler d’un film sur un blog de bibliothèque ? Parce que La Rafle est une fiction aux terribles accents de Joseph et ses amis au camp de Beaune-la-Rolandevérité qui lève le voile sur l’une des pages les plus sombres de l’histoire de France. Aux dires de sa réalisatrice, Rose Bosch, le moindre petit événement survenant dans ce film s’est réellement déroulé en cette année 1942. Avec ce récit bouleversant, elle a mis fin à l’un des plus grands tabous de l’histoire française, à cet épisode dont les dirigeants ne peuvent parler sans embarras. En 2h, La Rafle suit les victimes mais aussi les bourreaux dans leur marche vers l’horreur…

La Rafle du Vel'd'Hiv : une histoire française sur le plateau de Marie Drucker

Ce boîtier contient, en plus du film, un deuxième DVD consacré à l’émission spéciale présentée sur France 2 le 9 mars 2010 par Marie Drucker et intitulée : « La rafle du Vel d’Hiv, une histoire française ». Ce documentaire de 2h15 explique davantage, si besoin est, les prémisses, les  implications et les conséquences du passé vichyste de la France.

L.S.

Bande annonce :

BOSCH, Rose. La Rafle. Neuilly-sur-Seine : Gaumont Video , 2010. 2 DVD

Quand les artistes peignaient l’Histoire de France : De Vercingétorix à 1918.

Quand les artistes peignaient l’Histoire de France : De Vercingétorix à 1918.L’Histoire de France se réduirait-elle aux révolutions,  aux guerres et à leurs faits d’armes ? C’est en tous cas à cette image que renvoie ce recueil de peintures glosées. Des historiens commentent et décryptent pour vous des peintures réalisées pour la plupart à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle. Certaines comprennent des détails qui ont leur importance, d’autres sont tout à fait anachroniques ou obséquieuses, d’autres encore sont particulièrement réalistes. Mais toutes ont le point commun de rappeler à notre souvenir des épisodes oubliés (ou peut-être même inconnus) et  d’offrir des témoignages – certes non dépourvus de subjectivité – d’un passé parfois très lointain.

Voici un ouvrage intéressant dont on regrettera peut-être la superficialité relative. Gros plan sur 63 épisodes marquants de l’Histoire de France. Une notice bibliographique fait la lumière en fin d’ouvrage sur les artistes qui ne sont pas forcément les plus connus de la profession.

L.S.

FONTANEL, Béatrice et WOLFROMM, Daniel. Quand les artistes peignaient l’Histoire de France : De Vercingétorix à 1918. Paris : Seuil, 2002.

Le Montespan se lit, se contemple et s’écoute…

Voici un personnage que l’Histoire avait “oublié” jusqu’à ce que Jean Teulé le rappelle à notre bon souvenir. Aujourd’hui encore, c’est son illustre épouse qui est davantage connue. Au XVIIème siècle, cette dernière était renommée pour être une des plus belles dames de l’époque, et se faisait aussi remarquer par son humour piquant et sa vivacité d’esprit. Mais Françoise Athénaïs de la Rochechouart a surtout été l’une des favorites la plus célèbre de Louis XIV (avant que Mme de Maintenon ne prenne sa place dans le coeur du Roi de France) et a aussi porté ses “bâtards”.

A une époque où les maris, loin d’être jaloux, entrevoyaient les multiples opportunités d’être cocufiés par Louis XIV, il en était un qui ne s’est jamais résolu à accepter que sa femme appartînt à un autre, fut-il le Roi Soleil… Cet homme, c’était Louis-Henri de Pardaillan dit le Marquis de Montespan…

Le Montespan : roman

LE ROMAN

Louis-Henri de Pardaillan, Marquis de Montespan, a épousé Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart dont il est très épris. Mais le jeune aristocrate, désargenté et poursuivi par les huissiers, regrette de ne pouvoir couvrir sa femme de bijoux, d’autant que le couple n’est pas non plus le bienvenu à la Cour de Versailles. Il espère retrouver la fortune et la faveur de Louis XIV en s’illustrant sur les champs de bataille. Mais durant ses longues absences, Athénaïs est devenue la dame d’honneur de la Reine et a succombé à l’attrait de la vie versaillaise et… au monarque solaire dont elle sera bientôt grosse. Coqueluche et joyau de la Cour, elle est aussi réputée pour sa langue acérée que pour sa grande beauté, sa sensualité et sa vivacité d’esprit.

Alors que la plupart envient sa situation rentable de plus célèbre cocu de France, Louis-Henri n’en refuse pas moins de céder son épouse chérie à son rival, le Roi Soleil en personne – ou en divinité. Quatre années de mariage n’ont pas altéré les sentiments qu’il nourrit à l’endroit de la Marquise, mais que faire quand la dame de ses pensées se détourne de lui pour aller batifoler dans les draps royaux ? En deuil de son amour, moqué et méprisé, Louis-Henri  n’aura cependant de cesse de faire laver l’affront du Roi de France et tous les moyens seront bons pour en découdre. Mais on ne provoque pas impunément Louis XIV…

Avec ce roman, Jean Teulé offre une tribune à son cocu magnifique et lui rend son honneur perdu. Si on présente Le Montespan comme une biographie romancée, il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit avant tout d’une fiction. La véracité de certains faits est, en effet, à mettre entre parenthèses ou à vérifier par curiosité…

Jean Teulé immerge bien le lecteur dans les mœurs dépravées de la Cour de Louis XIV et dans sa suffisance. L’auteur arrache risettes et éclats de rire, de même que quelques moues de dégoût devant les descriptions rien de moins que scatologiques. On rit beaucoup, certes, mais on éprouve aussi un peu de peine pour cet amoureux transi aux amours contrariées…

TEULE, Jean. Le Montespan. Paris : Julliard, 2008.


LA BANDE DESSINEE


Nous ne rappellerons pas l’histoire qui est identiquement la même que celle du roman. Feu Philippe Bertrand (1949-2010) s’est chargé de l’adapter en Le Montespan : la bande dessinéevignettes et a pris en main le scénario, le dessin et les couleurs. Bertrand est notamment connu pour la série érotique Linda aime l’art, érotisme dont l’album qui nous occupe n’est pas dépourvu.

Beaucoup de passages du roman ont été passés sous silence, certes pour le bien de l’adaptation (qui compte encore tout de même 110 planches éditées en petit format) mais au grand dam de ceux qui l’auront apprécié, d’autant que nul récitatif ne vient rappeler sa narration savoureuse, la parole étant très souvent laissée à l’image. Cependant, cette dernière ne parvient pas à retransmettre entièrement l’esprit du roman. Il faut dire que Jean Teulé y est d’une crudité crasse alors que le graphisme de Philippe Bertrand est plutôt simple, fin, charmant et élégant. L’ombrage est délicat, la mise en relief des personnages est réalisée au pinceau tandis que l’encrage est aussi léger que les moeurs de l’époque. Le tout apporte beaucoup de fraîcheur à une atmosphère rendue délétère par la dépravation et l’hygiène plus que douteuse. Philippe Bertrand a fait du Montespan un personnage triste et nostalgique tandis que Teulé renvoyait plutôt l’image d’un Gascon coléreux et plein de superbe, en dépit des gausseries de Cour.

Le MontespanEn donnant son accord pour une adapatation du Montespan, Jean Teulé est en quelque sorte revenu à ses premières amours dont il s’était, à l’image de la Marquise, lui-aussi détourné pour embrasser entre autres la carrière d’écrivain (qui lui réussit davantage) ; lui qui, en 1984, avait été récompensé à Angoulême à titre de “contribution exceptionnelle”* (et pas pour la qualité de son oeuvre…) pour l’album Bloody Mary.

Cependant, cette adaptation littéraire du livre Le Montespan est loin de la verve “teulienne”. Il ne reste du savoureux roman de Jean Teulé que des dialogues sabrés et des images qui ne font pas honneur à la gouaille de l’auteur, sans pour autant la discréditer. Simplement, le roman éponyme est d’une drôlerie succulente qu’il est bien difficile de traduire.

Pourtant, indépendamment du roman, l’album n’est pas à jeter, loin de là. Il vaut même le détour !

http://www.auracan.com/Interviews/interview.php?auteur=140

BERTRAND, Philippe et TEULE, Jean. Le Montespan. Paris : Delcourt, 2010


LE CD AUDIO


Le montespan : Le CD audio

Lire et écouter, ce n’est sensiblement pas la même chose. Mais les romans historiques se prêtent étrangement à l’écoute. Et pour l’avoir essayé, nous pouvons dire que Le Montespan en CD-audio, est des plus agréables à entendre.

Le temps de lire vous fait défaut ? C’est cette formule qui vous convient ! Ecoutez donc l’histoire du Montespan dans votre voiture, sur le chemin du travail, et laissez-vous imprégner par les mots sonnants et trébuchants. Vous prenez les transports en commun ? Que nenni ! Ce Cd-audio est fourni en format MP3 que vous pouvez aisément transférer sur votre I-Pod. Chut ! Ecoutez ! Le Montespan en version audio vous souffle : « Essayez-moi ! »… Laissez-vous tenter par cette expérience sonore…

TEULE, Jean et AUBIGNY, Frédéric d’. Le Montespan. Paris : Hachette, 2008. (Audiolib)



UNE BIOGRAPHIEMme de Montespan : La favorite du Roi-Soleil à son zénith

Née Rochechouart-Mortemart, Françoise Athénaïs est la troisième née d’une famille de cinq enfants dont le destin fut incomparable. Parmi toutes les maîtresses du Roi Soleil, s’il fallait n’en retenir qu’une, ce serait elle. Elle épousera pourtant par amour Louis de Pardaillan de Gondrin, Marquis de Montespan, mais se détournera rapidement de ce mari absent et désargenté. D’abord demoiselle d’honneur de Madame (belle-sœur du Roi), elle entrera ensuite au service de la Reine en personne, Marie-Thérèse d’Autriche. Cette dernière ne pourra guère empêcher son royal époux de remarquer Athénaïs (comme elle aime à se faire appeler). Mme de Montespan est en effet d’une beauté tellement exceptionnelle (elle a de belles dents, fait déjà assez rare pour être souligné, à une époque ou les sourires sont édentés) qu’on dit d’elle qu’elle est « LA beauté » incarnée.

Pour Louis XIV, Mme de Montespan est le joyau dont Versailles est l’écrin. Athénaïs est belle, vive, amusante et piquante mais elle aussi dotée d’un encombrant et bruyant mari. Qu’à cela ne tienne, le Roi l’adore de sorte que ce qu’elle désire, elle l’obtient le plus souvent. Et force est de constater que l’exigence n’est pas son moindre défaut… Sans être politiquement influente, elle est néanmoins puissante. Redoutable avec ses rivales, coléreuse et hautaine presque jusque sur la chaise percée, elle fait parfois grincer les quelques dents qui restent à la Cour. L’affection du Roi ne se démentira pourtant pas pendant plus de 10 ans et ce, malgré la sombre affaire qui a éclaboussé sa maîtresse. La démonologie est une des superstitions du 17ème siècle et Mme de Montespan, désireuse de conserver l’amour du Roi y a peut-être versé…

Jusqu’où? Jusqu’aux empoisonnements et sacrifices d’enfants ? En tous les cas, elle est suspectée… sauf par Louis XIV qui lui conserve ses faveurs. Mais l’affaire des poisons, autant que son léger embonpoint et l’influence sournoise de Mme de Maintenon sonneront bientôt le glas de ses amours.

Louis XIV finira par se lasser d’elle, comme des autres, et elle se verra contrainte de quitter Versailles. La fin de sa vie, elle ne la passera pas dans le dénuement, loin de là. Le Roi continuera tout de même à lui verser une pension qu’elle distribuera en partie à un hospice, ouvert sur son ordre.

La flamboyante Mme de Montespan aura marqué le siècle et donné des héritiers – déclarés nés “en vrai et loyal mariage” – au Roi Louis XIV. Nous vous présentons la réédition d’une fresque historique passionnante, narrée sous la belle plume de l’historien Michel De Decker. On s’y croirait presque…

DE DECKER, Michel. Mme de Montespan : La favorite du Roi-Soleil à son zénith. Paris : Pygmalion, 2010. 273 p.

L.S.

La bande dessinée : mode d’emploi

La bande dessinée : mode d'emploiSi la bande dessinée est aussi appelée le “Neuvième art”, ce n’est ni par hasard ni immérité. Elle n’est pas un medium secondaire, plus volontiers destiné aux classes populaires ; si elle est considérée à tort comme un art populaire, elle est aussi paradoxalement le plus méconnu. Vous pensez que la bande dessinée est réservée aux gamins, ou bien vous n’y comprenez rien ? Pour vous, elle n’est pas un art “noble” ? Cet ouvrage vous prouvera que la BD est loin d’être aussi simpliste et populaire que vous l’imaginez.

Au-delà d’un certain “snobisme”, certains lecteurs réfractaires sont tout simplement inaptes, « incompétents » pour comprendre son mécanisme.  L’assertion d’« incompétence » n’a ici rien de péjoratif ou d’insultant. Il s’agit tout simplement de constater que les caractéristiques de la bande dessinée sont impénétrables à quelques-uns, car ses références ne leur sont pas familières. Benoît Peeters les appelle des « aniconètes », à savoir des « analphabètes de l’image » ? Thierry Groensteen reprend l’idée que c’est parce qu’ils ne parviendraient pas à déchiffrer les codes propres au 9ème art qu’ils s’en détourneraient, comme le Renard des fables de La Fontaine se détourne des raisins parce qu’il ne peut les atteindre. Mais paradoxalement, il ne suffirait pas d’être « bédévore » pour en prendre toute la mesure.

Car pour cela, il faut tenir compte de la grammaire de l’image, laquelle doit rencontrer un certain nombre de paramètres tels que la mise en page, l’échelle des plans ou encore le mouvement (qui doit être interprété correctement). Le tout doit être lisible, compréhensible par le lecteur. En l’occurrence, définir le concept de bande dessinée n’est pas aisé et on peut relever différents points convergents : un scénario, un dessin et des couleurs.

Le découpage du scénario en vignettes, à lui seul, relève du défi et d’un véritable savoir-faire. Quant au dessin, Groensteen vient nous parler de la typification des personnages et du rôle des décors tandis qu’il nous indique que les couleurs ne sont pas seulement là “pour faire joli” mais participent à la narration, en traduisant des émotions par exemple… En outre, scénario et dessin contiennent un certain nombre de références, décelables ou non par le lecteur, selon son degré de connaissances. Quoi qu’il en soit, les trois tâches sont censées se compléter… même si le résultat n’est pas toujours à la hauteur des espérances.

La BD a énormément évolué depuis que Rodolphe Töpffer (1799-1846)  lui a donné son impulsion. Elle englobe aujourd’hui des auteurs comme Dave Mc Kean, qui exploitent toutes les techniques et tous les matériaux à leur disposition. La BD a en effet  “gagné” en technicité et utilise les dernières technologies telles que le numérique, notamment dans l’application des couleurs. Mais, bien sûr et heureusement, il reste des puristes qui réalisent tout de leurs propres mains.

L’univers de la BD compte un certain nombre d’auteurs talentueux mais aussi des experts. Parmi ses spécialistes, on trouve Thierry Groensteen qui, avec l’ouvrage que nous vous présentons, tente de réduire le clivage qui existe entre la bande dessinée et ses détracteurs. Pour ce faire, il répond à diverses questions essentielles telles que l’importance des couleurs et du décor, etc. Mais sa démonstration reste honnête, il ne cache pas non plus les défauts de la bande dessinée (en traitant de l’avantage et de l’inconvénient des séries par exemple, du merchandising,…). Même si Groensteen donne parfois l’impression d’aimer se lire, emporté par la passion du moment, ce mode d’emploi de la bande dessinée -  illustré d’une cinquantaine de planches expliquées en long et en large – est des plus intéressants pour tout amateur de bande dessinée. Quant aux autres, ils y trouveront au moins la démonstration que la BD, ce n’est pas seulement des images qui se suivent ; il y a un véritable et important travail qui se cache derrière ses couvertures…

L.S.

GROENSTEEN, Thierry. La bande dessinée : mode d’emploi. Bruxelles : Les Impressions nouvelles, 2007. 223 p.

Reines et favorites : Le pouvoir des femmes

Reines et favorites : Le pouvoir des femmesA la Renaissance, les femmes étaient sous l’autorité de leur époux et privées de statut juridique propre. Il leur était donc bien difficile d’assumer une charge ou de disposer d’un bien en leur nom propre et encore plus d’envisager d’avoir une influence quelle qu’elle soit sur le pouvoir en place. Pourtant, il est bien connu que “derrière chaque grand homme se cache une femme”. Et le royaume de France était un vivier d’éminences grises en jupons et corsages…

Fortes de leur ambition, de leur beauté et de leur intelligence, quelques-unes parviendront  à quitter leur lit de Procuste pour profiter un peu de la chaleur prodiguée par la lumière royale. Aussi connues que leur royal amant, toutes n’eurent pas le même destin. Certaines connurent l’infortune d’une mort tragique, comme Madame du Barry qui connut le Rasoir national, ou encore comme Gabrielle d’Estrées qui mourut à deux doigts de se faire épouser. Diane de Poitiers, Mme de Maintenon (qui s’est fait une longue place au Soleil) et Mme de Pompadour sont sans doute celles qui ont le plus duré. Car à moins de savants subterfuges, les favorites ne faisaient pas long feu à la Cour de Versailles ; Mme de Montespan allant peut-être même jusqu’à vendre son âme au diable pour conserver la faveur royale.

Mais n’oublions pas les épouses titrées et attitrées, vertueuses ou non : Catherine de Médicis, Anne d’Autriche, Marie de Médicis, Marie-Antoinette, Marguerite de Navarre… qui eurent aussi leur rôle dans l’Histoire.

Avec cet ouvrage très pédagogique où l’auteur nous présente une galerie de portraits féminins, vous vous y retrouverez enfin dans le cortège des épouses et favorites royales. Entrez dans la ronde passionnante de ce qui a fait le sel de l’Histoire de France…

Benedetta Craveri est professeur d’université en Italie et spécialiste de la civilisation française des XVIIe et XVIIIe siècles.

L.S.

CRAVERI, Benedetta. Reines et favorites : Le pouvoir des femmes. Paris : Gallimard, 2007. 397 p.

Martin Luther King : Le visionnaire

Martin Luther King : Le visionnaire

C’est dire s’il fallait maîtriser l’art de la rhétorique pour convaincre toute une population de faire de la “non-violence” son credo, une réponse pondérée aux brutalités et humiliations subies par un peuple ségrégué.

Il faut convaincre mais aussi montrer l’exemple. La crédibilité est à ce prix. C’est donc naturellement que MLK se mêle aux manifestants pacifiques galvanisés qu’il a encouragé à envahir les rues d’Albany, Birmingham ou Selma dans de longues marches revendicatrices. C’est avec conviction qu’il organise les boycotts, sits-in et breadbaskets dans l’espoir que dans leur lassitude les dirigeants du pays tendent enfin l’oreille pour appliquer l’égalité qu’ils prônent hypocritement. Bientôt, son engagement s’étendra contre la pauvreté car il pense que c’est peut-être bien elle le nerf de la guerre et que la guerre raciale n’est peut-être en vérité qu’une guerre sociale.

Considéré comme un agitateur, sa disparition en arrangerait plus d’un. Entouré constamment de gardes du corps, King se doute bien durant tout le temps que durera la bataille qu’une mort brutale y mettra fin. Mais la pensée que d’autres se lèveront après lui l’encourage.

Se peut-il qu’un homme puisse faire preuve d’abnégation à ce point ? Un martyr ? Sans peur ? Non, sa peur est palpable et il l’avoue sans fausse honte. Sans reproches ? Certes pas. Martin Luther King n’est pas un saint, dans la sphère privée du moins. Un proche, William Rutherford, le qualifiait plutôt de “saint aux pieds d’argile”. Il est déchiré entre la croisade qu’il mène dignement contre la ségrégation et le péché de luxure, faiblesse gênante pour un ministre du culte. Cet homme charismatique à la voix puissante et captivante a un talon d’Achille fâcheux pour un homme qui prêche la bonne parole. Doté d’un appétit sexuel débordant, il se livre véritablement à une vie de débauche discrètement mais scrupuleusement étudiée par le FBI. A la lecture de cette biographie, peut-être MLK vous décevra-t-il mais telle est sa vie. Ses détracteurs fustigent sa corruption morale mais il n’en reste pas moins que MLK a acquis une aura indéniable et restera un des chantres de la résistance non-violente mais non moins active et déterminée.

L.S.

DESQUIRON, Lilas et FORESTIER, François. Martin Luther King : Le visionnaire. Paris : Michel Lafon, 2008.

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Sherlock Holmes

Un dossier élémentaire mon cher...Qui n’a jamais entendu prononcer le nom de Sherlock Holmes ? Ou qui n’a jamais utilisé cette fameuse expression « élémentaire mon cher Watson » (qui vient d’on ne sait où mais qui n’est certainement pas due à l’auteur) ?   Il s’agit là d’un personnage de fiction au succès littéraire jamais égalé et dont la réputation a dépassé jusqu’à celle de son créateur. Tout fictif qu’il ait été, son impact ne fut pas des moindres au grand dam d’Arthur Conan Doyle qui en était arrivé à ne plus pouvoir souffrir son héros dont il a même tenté de se débarrasser en le précipitant dans les chutes de Reichenbach. Mais, à son corps défendant, le détective et lui resteront à jamais liés aux yeux du public, lequel a réclamé à cor et à cri la résurrection du fin limier. Les fans de Sherlock Holmes avaient véritablement associé leur héros à une personne de chair et de sang.

Nous vous invitons à découvrir plus avant le plus célèbre détective de tous les temps, d’abord à travers une des œuvres les plus connues de Sir Arthur Conan Doyle. Viendront ensuite une contre-enquête originale  signée Pierre Bayard et la biographie de Joseph Bell, l’homme qui inspira ce personnage indémodable. Vous pourrez vous aussi faire montre de vos talents de déduction avec un jeu en format CD-Rom qui vous sera présenté. Enfin, si vous désirez en savoir un peu plus sur l’univers tentaculaire de Sherlock Holmes, c’est Enquête sur Sherlock Holmes qu’il vous faut.

Le Chien des Baskerville - Une aventure de Sherlock HolmesROMAN : Le chien des Baskerville

Une malédiction pèse sur la lignée des Baskerville depuis que Sir Hugo a donné son âme au diable. La mort brutale et suspecte de Sir Charles ainsi que l’arrivée de son héritier au manoir conduisent le docteur Mortimer à solliciter le concours de Sherlock Holmes. Le détective, cartésien en diable, n’est aucunement convaincu par la légende familiale. Selon lui, le molosse sanguinaire n’a rien de surnaturel. Mais prétendûment retenu à Londres pour résoudre une autre affaire, il envoie le docteur Watson sur les lieux du crime présumé et le charge de lui rapporter scrupuleusement les prochains événements. Le mystère s’épaissit lorsqu’un autre meurtre est commis sur la lande du Dartmoor.

Observation et déduction, telles sont les méthodes privilégiées de Sherlock Holmes qui, même de loin, peut résoudre une affaire aussi épineuse que fantastique. Comme toujours, le docteur Watson lui sert de faire-valoir tandis que celui-ci est engagé dans un rôle plus actif dans la résolution de l’énigme. Rendez-vous avec le docteur Watson sur la lande désolée du Dartmoor et tremblez au cri angoissant du chien des Baskerville. Dénouez le lacis d’indices et résolvez avec Sherlock Holmes une de ses enquêtes les plus célèbres…

DOYLE, Arthur Conan. Le Chien des Baskerville. [s.l.] : librio, 1996.

ESSAI : L’affaire du Chien de Baskerville L'affaire du chien desBaskerville par Pierre Bayard

Sherlock Holmes se serait planté ! Il aurait injustement accusé le molosse de Baskerville et son maître d’avoir assassiné, entre autres, Charles Baskerville. C’est en tout cas la thèse que défend Pierre Bayard dans cette contre-enquête littéraire sur l’œuvre d’Arthur Conan Doyle. L’auteur s’était déjà essayé au genre avec la remise en question du meurtrier dans Qui a tué Roger Ackroyd de Agatha Christie et dans Hamlet de Shakespeare.

Pierre Bayard fait ici un pied de nez au célèbre détective en tentant de démontrer par une argumentation assez convaincante que, pour lui, le véritable meurtrier a échappé à la justice. Mais a-t-il lui aussi pensé à tout ? Un ouvrage qu’il convient de lire avec une sacrée dose de second degré…

BAYARD, Pierre. L’affaire du Chien des Baskerville. Paris : Minuit, 2008.

L'homme qui était Sherlock Holmes - Une biographie de Joe BellBIOGRAPHIE : Joe Bell : Une biographie de l’homme qui était Sherlock Holmes.

Sherlock Holmes, son costume de voyage ou sa robe de chambre pourpre, sa casquette, sa loupe, ses pipes, son violon et son opium… Ce personnage légendaire qu’on ne présente plus est né sous la plume de Sir Arthur Conan Doyle. Et pour donner vie à son héros, Sir Arthur s’est inspiré non seulement d’auteurs de romans policiers tel Edgard Allan Poe mais aussi de personnes bien réelles. Joseph Bell dit Joe Bell compte parmi les muses de l’auteur écossais et lui a insufflé les caractéristiques qui font l’essence même du célèbre détective : un sens de l’observation exceptionnel et une déduction quasi infaillible.

Amateurs de Sherlock, plongez-vous dans la biographie de Joe Bell, éminent chirurgien d’Edimbourg (Ecosse) qui fut un temps l’un des professeurs préférés de Sir Arthur Conan Doyle. Laissez-vous guider dans les ruelles d’Edimbourg et de Londres en compagnie de cet homme qui, par sa grande ouverture d’esprit, a grandement contribué à l’avancée de la médecine dans certains domaines, comme celui de l’hygiène, mais aussi dans la professionnalisation du métier d’infirmière. Outre l’admiration et l’engouement qu’elle suscitait, l’acuité de ses observations l’a amené à être plus d’une fois sollicité par Scotland Yard et la Couronne d’Angleterre pour résoudre plusieurs affaires criminelles. Ainsi, son concours a notamment été requis pour élucider les meurtres de Whitechapel.

Et c’est ce brillant homme qui aurait inspiré le personnage de Sherlock Holmes. Mais l’influence de Joe Bell sur Sir Arthur n’est pas une assertion qui convainc unanimement, le propre fils cadet de l’écrivain l’ayant en effet mise en doute. C’est que l’affaire Doyle-Bell a fait longtemps couler beaucoup d’encre… Et vous qu’en pensez-vous ?

LIEBOW, Ely M. L’homme qui était Sherlock Holmes : une bographie du Dr joe Bell. [s.l.] : Baker Street, 2009

Enquête sur Sherlock HolmesDOCUMENTS : Enquête sur Sherlock Holmes.

L’aura de Sherlock Holmes a inspiré d’autres oeuvres apocryphes tandis que le cinéma a relayé et amplifié le mythe du détective, de ses pipes jusqu’à  son formidable talent de déduction. De nombreux acteurs ont déjà incarné Holmes au grand écran dont, certains, avec un succès tout relatif. Dernièrement, ce sont Jude Law et Robert Downey Junior qui ont repris le flambeau. Mais s’il y a le cinéma, il y aussi les clubs et jeux de rôle pour les fans qui souhaitent recréer par là un univers holmésien bien à eux.

Ce petit ouvrage publié dans la collection « découvertes Gallimard » fait le point de façon succincte sur le détective, son auteur et les ramifications de ce véritable phénomène dans divers domaines.

OUDIN, BERNARD. Enquête sur Sherlock Holmes. Paris : Gallimard, 2009. (Découvertes Gallimard ; 333).

L.S.

JEU D’ENIGMES - CD-Rom : Sherlock Holmes et la boucle d’argent

Sherlock Holmes, c’est vous …Sherlock Holmes et la Boucle d'argent - CD-Rom - Jeu d'énigmes

Vivez une aventure passionnante par laquelle vous incarnez le célèbre détective et élucidez différents meurtres commis dans Londres en cette fin du 19ème siècle. Tentez votre chance et exploitez vos talents de limier. Pour venir à bout du mystère, il ne vous reste pas moins de 40 témoins à interroger et 200 indices à relever.

« Sherlock Holmes et la boucle d’argent » est un jeu qui respecte bien l’esprit holmésien et reste fidèle à l’œuvre de Conan Doyle.  Le duo Holmes – Watson ne déroge pas à sa réputation et c’est bien entendu grâce à une logique implacable et un sens de l’observation aigu que la vérité éclatera enfin.

Plus encore, si l’on tient compte de l’atmosphère caractéristique des livres de Conan Doyle, on appréciera la remarquable reconstitution des lieux et le soin apporté aux détails. Le graphisme est relativement bon (pour un jeu de 2004).  La jouabilité est aisée quoique le rythme soit un peu lent. Les personnages sont un peu rigides et frôlent parfois la caricature à moins qu’il ne s’agisse du flegme britannique ?

Qu’à cela ne tienne, la complexité et l’ambiguïté de l’enquête tiendront plus d’un joueur en haleine. Amateurs d’énigmes policières, ce jeu est fait pour vous.

C.V.

Aussi disponibles à la Bibliothèque la Régence :

Dans la série des Sherlock Holmes par Arthur Conan Doyle

Archives sur Sherlock Holmes ; Aventures de Sherlock Holmes ; Le Cercle rouge ; Le Chien des Baskerville ; La cycliste solitaire ; Etude en rouge ; Exploits de Sherlock Holmes ; Quatre aventures de Sherlock Holmes ; La résurrection de Sherlock Holmes ; Le rituel des Musgrave ; Le signe des quatre ; Souvenirs de Sherlock Holmes ; Un échec de Sherlock Holmes ; La vallée de la peur.

Du même auteur

La ceinture empoisonnée ; La compagnie Blanche ; Contes de médecins ; Contes du camp ; Le monde perdu ; Le monde perdu sous la mer ; Les Réfugiés ; Les exploits du Brigadier Gérard. Les aventures du Brigadier Gérard ; Micah Clarke ; L’oncle Bernac. La grande ombre ; Rodney Stone ; Sir Nigel ; La Tragédie du Korosko ; suivi de, Contes de Terreur ; La ville du gouffre : roman ; suivi de, L’horreur du…

Apocryphes

Le secrétaire italien / Carr, Caleb ; Arsène Lupin contre Herlock Sholmes / Leblanc, Maurice ; Le Mandala de Sherlock Holmes : les aventures du grand détective au Tibet / Norbu, Jamyang ; Marx et Sherlock Holmes / LECAYE, Alexis ; Sherlock Yack / AMELIN, Michel ; L’aiguille creuse / Leblanc Maurice ; Sherlock Holmes et l’apicultrice / King Laurie ; Sherlock Holmes et le secret des lettres / Bologne, Jean-Claude ; Sherlock Holmes revient / Duchateau, André-Paul ; Le testament de Marie Madeleine : les aventures de Mary Russell et Sherlock Holmes / King, Laurie ; La vie privée de Sherlock Holmes / HARDWICK, Mollie et HARDWICK, Michael ; Le fantôme de Baker Street / Bourland, Fabrice.

Documentaires

L’affaire des cristaux jaunes et autres énigmes : 15 mystères chimiques résolus par Sherlock Holmes / WADDELL, Thomas G. et RYBOLT, Thomas R.

La vie fantastique de sir Arthur Conan Doyle / CARR, John Dickson

Bandes dessinées

Les Quatre de Baker Street (2 tomes) / ETIEN, Davie, LEGRAND, Olivier et DJIAN, Jean-Blaise

Ric Hochet contre Sherlock / TIBET

Collection Bdétectives (2 tomes) : Le chien des Baskerville et  le Signe des quatre par DUCHATEAU, André-Paul

Baker Street / VEYS, Pierre et BARRAL, Nicolas  (5 tomes)

Sherlock (2 tomes) par CONVARD, Didier, ADAM, Eric et LE HIR, Jean-Louis

Livres en anglais

The Man with the Twisted Lip and other adventures of Sherlock Holmes = L’homme à la lèvre tordue et autres aventures de Sherlock Holmes / Doyle, Arthur Conan ;  Three adventures of Sherlock Holmes / Doyle, Arthur Conan

Hound The Baskerville / Doyle, Arthur Conan

Le chevalier d’Eon – “ Une vie sans queue ni tête ” 

Le chevalier d'Eon : "Une vie sans queue ni tête"Le doute a toujours plané sur l’identité du Chevalier d’Eon. Etait-ce un homme ? Une femme ? Un hermaphrodite ? Pendant quarante-neuf ans, il a porté l’uniforme alors que durant trente-trois années, elle a promené sa “robe d’innocence” dans les salons de France et d’Angleterre.

La question qui se pose est de savoir pourquoi celui qui se trouvait être vraisemblablement un homme a prétendu être une femme pendant tant d’années ? Les premières rumeurs quant à sa féminité remontent à 1770. Jusque là rien ne la laissait suggérer vu que le Chevalier d’Eon menait des activités on ne peut plus viriles.

Capitaine des dragons, bretteur émérite et intellectuel patenté, espion à la solde de Louis XV, cet original fort en gueule qui rencontre le succès dans toutes ses entreprise suscite engouement et admiration. Les Anglais en raffolent mais la France s’impatiente des excentricités de son agent ainsi que de ses occupations dispendieuses. Commence alors une divine comédie au bout de laquelle d’Eon n’hésite pas à faire chanter le Roi de France !

Dès ce jour, rentrer dans ce pays dont il avait la nostalgie s’avère périlleux. Il risque fort de ne revoir sa campagne du Tonnerre qu’à travers les barreaux d’une prison, à moins que…
Louis XVI garantira à la Chevalière d’Eon qu’elle ne sera pas inquiétée par la Justice mais lui imposera en contrepartie de son retour en France de “porter les habits de son sexe”.

Les auteurs font la lumière sur une affaire qui a fait couler beaucoup d’encre au 18ème siècle. Ils ont saisi le burlesque des affaires qui ont agité l’existence du Chevalier d’Eon. Selon eux, on ne peut se fier aux nombreux écrits rédigés de la plume du Chevalier qui ponctuent ce récit passionnant. Son autobiographie, essentiellement, lorsqu’il traite de sa virilité/féminité ne relèverait que du fantasme. S’il ne faut guère le croire, le plaisir à le lire n’est tout de même pas des moindres. Sa verve n’a d’égal que son humour. Son audace et son toupet font sourire. D’Eon est ici décrit comme un personnage insolite, narcissique, coléreux, manipulateur larmoyant, parfois incohérent mais particulièrement drôle et imaginatif.

L.S.

LEVER, Evelyne et LEVER, Maurice. Le chevalier d’Eon : “Une vie sans queue ni tête”. Paris : Fayard, 2009.

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