Stage d’anglais à la ludothèque

logo_ludotheque_2015

Durant ce mois de juillet, le Quinquet Asbl de Soignies a organisé un stage d’anglais d’une semaine avec des ados de 14 ans. La Ludothèque a eu le plaisir d’accueillir ceux-ci une matinée.

Tous ont joué en anglais, encadrés par Roland (animateur Quinquet), Eddy (ludothécaire) et Yvette. Nous remercions plus particulièrement cette dernière pour son investissement dans cette activité. Fidèle participante des matinées Ludoseniors et parfaite bilingue, elle a accompagné les jeunes de « main de ludothécaire » dans leur découverte de nouveaux jeux.

Logo_quinquet

reseau_des_bibliotheque_logo

« Les trois soeurs et le dictateur » d’Elise Fontenaille lu par Silvia G.v.B – Club de lecture 2016

Les_trois_soeurs_et_le_dictateur - Elise FontenailleChère Eliza,

J’ai promis de te raconter mon voyage à Santo Domingo en détail, je commence maintenant, dans l’avion ; je t’écris comme ça vient, ne t’étonne pas si c’est un peu décousu.  Ainsi débute l’histoire, prétexte à la narration d’un fait réel, prégnant et admirable par le courage des trois sœurs qui résistèrent  à la dictature de Rafael Trujillo, dictateur de la République dominicaine de 1930 jusqu’à son assassinat en 1961. 

Mina retourne au pays de son père. L’adolescente visite sa tante Adela. Cette visite enseignera à Mina l’histoire de ses origines, la tragédie de sa grand-mère Minerva et de ses grand-tantes Patria et María Teresa Mirabal, les trois sœurs qui dirent « non » à la dictature.

L’auteur, Elise Fontenaille, écrit dans un style épistolaire. Elle donne au lecteur adulte, l’impression de lire une lettre d’adolescente à sa meilleure amie et confidente et, par-là, elle nous plonge irrémédiablement  dans le récit. Cette lettre bien ficelée va crescendo et en parallèle avec le développement de Mina. Mina débute comme une jeune  coquette vivant ses premiers émois amoureux.

«… Je vais me maquiller un peu, histoire de faire bonne figure devant mon cousin Antonio… Qu’il ne me trouve pas trop terne, au milieu de toutes ces beautés qui vont jaillir de l’avion dans quelques minutes ! Et fouler le tapis de l’aéroport comme des princesses… »

Au fur et à mesure que le récit avance, Mina souhaite connaître le fin fond de l’histoire. Mina répondra à cette question:

« – Mais ça ne t’ennuie pas, toutes ces histoires ? Je ne suis pas trop bavarde ?

– Mais non Adela, au contraire… je veux tout savoir.

– On en a pour un moment alors… Mais c’est une histoire qui finit très mal, tu le sais: le contraire d’un conte de fées.

– Alors je vais tout te raconter. »

D’autre part, l’auteur nous parle avec justesse du développement de ces trois sœurs Mirabal. Minerva, par qui arriva la tragédie, était née dans une famille très moderne pour l’époque car les parents les encouragèrent à étudier, à avoir un métier, à décider par elles -mêmes. Elles ne devaient pas se contenter d’être belles et d’être gardiennes du foyer. 

La tragédie commence lorsque la famille Mirabal est invitée au bal que donne Trujillo. Minerva refuse les avances du dictateur.  Son père est emprisonné en représailles.

Pendant ses études, Minerva observe que l’injustice est grave. Elle ne peut pas rester indifférente et rejoint les groupes d’opposants. Le Dictateur doit tomber. Patria et Maria Teresa se joindront  à leur sœur malgré le refus ferme de cette dernière.

Vous êtes complètement folles toutes les deux. Des collégiennes écervelées! Vous savez ce que c’est que la torture? Ce qu’ils font aux femmes là-bas? Vous voulez mourir avant d’avoir  vécu?

– Tu peux dire ce que tu veux – nous viendrons.

– Si toi, tu n’as pas peur, pourquoi aurions-nous peur?

Elise Fontenaille suggère avec de brefs coups de pinceau la terrible mesure d’une dictature et le courage de ces sœurs dont le souvenir est amoureusement conservé à Ojo de Agua. Leur maison familiale fut convertie en musée qui retrace cette période de l’histoire de la République dominicaine et la journée du 25 novembre, date de l’assassinat des trois sœurs, a été déclarée « journée mondiale de lutte contre la violence faite aux femmes ». Gageons que ce récit suscitera dans le cœur du jeune lecteur, qui en est le destinataire, l’envie d’apprendre l’histoire et l’évolution de ce pays aujourd’hui associé aux vacances.Clubs de lecture ados et adultes - Juin 2016

Certains lecteurs adultes trouveront peut-être ce récit un peu mièvre et édulcoré, mais comment un auteur peut-il présenter la barbarie aux jeunes lecteurs sans les briser? Les lecteurs plus âgés sont invités à lire également deux romans qui traitent de la période de la dictature de Trujillo.

Le  premier est le superbe Au Temps des papillons* de Julia Alvarez, écrivaine dominicaine de langue anglaise. Elle réside aux Etats-Unis du fait de l’exil de ses parents, opposants à Trujillo. Cette écrivaine mériterait aussi d’être connue pour ses autres romans. Son style, suavement ironique et décalé raconte les péripéties de la vie dans le roman Yo**, ou la méthode pour s’adapter à un nouveau pays, dans son roman How the García Girls Lost Their Accents***.

Le second roman qui relate cette période est le magistral La fête au Bouc**** de Mario Vargas Llosa. La psychologie du dictateur y est adroitement décortiquée. Finalement, La Fête au Bouc signale les terribles blessures que cette longue période a laissées chez les opposants.

Silvia G.v.B.
Club de lecture 2016

FONTENAILLE, Elise. Les trois soeurs et le dictateur. Rodez : Rouergue, 2014.

*     ALVAREZ, Julia. Au temps des Papillons. Paris : Métailié, 2003.
**    ALVAREZ, Julia. Yo. Paris : Métailié, 2010.

***  ALVAREZ, Julia. How the García Girls Lost Their Accents. Chapel Hill : Algonquin Books, 1991
**** VARGAS LLOSA, Mario. La fête au bouc. (Folio ; n°4021). Paris : Gallimard, 2002. 

« Attrapez les tous ! » : Les Nouvelles histoires extraordinaires d’Edgard Allan Poe

Découvrez ou redécouvrez
les Nouvelles Histoires Extraordinaires d’Edgard Allan Poe
et « attrapez les tous » dans la rue Morgue !

edgar-allan-pokemon

Pour d’autres dessins, visitez le site d’Aidan Casserly : www.aidancasserly.com